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L’ISR en France


Le modèle ISR en France a progressé en 2006 mais il semble avoir toujours du mal a se populariser sans doute compte tenu de l’absence d’une culture d’épargne actionnariale directe à l’anglo-saxonne et ce malgré l’accroissement progressif de l’épargne salariale. Les “zinzins” ou investisseurs institutionnels restent déterminants en créant des fonds ISR en actions et en obligations.

“Selon une étude publiée par Novethic, l’ensemble du marché de l’ISR (OPCVM et fonds dédiés) a progressé de 88 % pour s’établir à 16,6 milliards d’euros en 2006 mais seuls 6,06 milliards provenaient des particuliers. Et encore, sur ce montant, seulement 3,25 milliards d’euros proviennent de produits ISR vendus aux particuliers par les réseaux bancaires, le solde étant engagé dans l’épargne salariale” .

Peut-être un début d’explication sur ce défaut de popularité :”Ce soudain engouement pour les fonds verts pose cependant un problème : il est difficile d’y voir clair, pour l’épargnant particulier, dans une offre assez peu structurée. ” Il y a confusion entre produits verts et fonds d’investissement socialement responsable (ISR). Ce sont deux catégories différentes, mais certains produits verts peuvent être ISR “, résume Anne-Catherine Husson-Traoré , directrice générale de Novethic , le média en ligne du développement durable” ..



Outre le succès de cette formule d’épargne via les intermédiaires financiers, son débouché naturel en faveur de l’écoindustrie nationale semble laisser à désirer en France en comparaison avec d’autres circuits financiers. Selon le rapport Chambolle de 2006, « Une autre voie qui mériterait d’être explorée est celle de l’investissement socialement responsable. Dans les autres pays comparables, une part de cet investissement se consacre au développement des éco entreprises (fonds cleantech), ce qui n’est pas le cas en France. (…). Un dialogue devrait s’ouvrir avec les responsables de ces fonds sur ce point. Â» (cf. p. 29).

Mais le système bancaire français semble prendre l’ISR au sérieux. L’approche bilan carbone initiée par la Caisse des dépôts pour sa propre politique d’investissement pourrait inspirer les modèles d’investissements selon le principe d’efficacité et le principe de neutralité carbone comme d’autres banques l’affichent déjà dans le monde. La Caisse d’épargne proposera bientôt dans le cadre de son programme Bénéfice futur l’étiquetage ISR de tous ses produits bancaires selon trois critères : risque financier, intensité carbone et prise en compte des impacts sociaux et environnementaux.

Pour le secteur de l’assurance, cette approche commence à trouver un certain succès avec la CNP et BNP Paris Assurance.

Pour promouvoir la réflexion française sur l’ISR, une chaire dédiée à l’ISR et intitulée “Finance durable et investissement responsable” sera mise en place dès 2008 avec le soutien de l’AFG.

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